Plateforme littéraire


Rendez-vous littéraires


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Rencontre avec le typographe et designer Pierre di Sciullo

Présentation de l'oeuvre de Pierre di Sciullo et des sources littéraires. 
Interview avec Anja-Hélène van Zandwijk et Max Bruinsma

Alliance française de La Haye  & la Librairie Stanza  
Mercredi 18 mars 2020  |  18:00 - 20:00  |  Studio Loos  
De Constant Rebequeplein 20B  |  2518RA Den Haag


Infos et réservation : communication@aflahaye.nl
T. +31 (0) 70 362 1523
Alliance française et l'article : https://aflahaye.nl/rencontre-avec-le-typographe-et-designer-pierre-di-sciullo-18-mars/
Tickets EventBrite : https://www.eventbrite.nl/e/tickets-presentation-de-loeuvre-du-typographe-et-designer-pierre-di-sciullo-97073562639
L'évènement sur Facebook https://www.facebook.com/events/205928043943950/
Langues véhiculaires: français et anglais

 

Présentation de l'oeuvre du typographe et designer Pierre di Sciullo. 
Les sources littéraires et linguistiques.

Figure centrale du design graphique et de la typographie française, Pierre di Sciullo est, au niveau international, l’un des pionniers de la création de caractères numériques. Son œuvre truculente, littéraire et joyeusement insolente explore diverses voies : un goût infini pour la logique, une absence totale de préjugés sur la forme typographique et son histoire ; une attention à la sonorité du signe, sa géométrie et sa colorimétrie ; des oscillations permanentes entre méthodologie rigoureuse et résultats poétiques.
Depuis une quinzaine d’années il développe ses projets dans l’espace public. Sculptures typographiques, dessins de façades, signalétiques, enseignes : ces cristallisations de l’écriture se déploient dans l’architecture et dans la rue. Les recherches sur l’incarnation de la voix dans l’écriture et sur le poids des slogans donnent naissance à des affiches imprimées ou peintes. Ses productions interpellent à la fois le lecteur, le citoyen et le joueur. 

Comment et pourquoi j’écris en grand
Les actualités de l’atelier, les projets et réalisations récentes ou en cours ont tous un lien avec l’écriture. L’écriture comme laboratoire de l’apprenti-poète, l’écriture comme source d’images ambivalentes et polymorphes. J’explore les rudiments du langage, les rapports entre le son et la forme, entre phonème et graphème, entre la parole et le mot dans le texte même, dans la lettre même. Dès que le contexte est favorable je conjugue le malaxage de la langue quotidienne avec la création typographique pour observer les mots, les locutions, pour détourner les slogans et les injonctions qui nous entourent. Inversions, substitutions, néologismes, consonances et décalages participent à la corrosion du sens commun. J’incite le spectateur à jouer avec l’œuvre pour en percer les énigmes et en extraire une potentialité inattendue. Je ne crois pas à la fable de la neutralité du signe, je tente au contraire de révéler la place du corps dans le processus de lecture, mon corps et celui du lecteur.

Pierre di Sciullo édite seul depuis 1983 la revue Qui ? résiste, série de « manuels » dans laquelle il expérimente des procédés littéraires et graphiques à base de collages, citations et détournements : manuel de la séduction, de la vérité, de la mort, etc.
En 1989, dans le no 8 de Qui ? résiste, manuel de lecture, il développe une production typographique expérimentale foisonnante et met en scène des textes de Georges Perec, Rabelais, Jean-Pierre Brisset. Parmi les diverses polices de caractères dessinées dans cet opus figurent le Minimum et le Quantange.
Entre 1995 et 2003, il a créé des polices de caractères qui ont permis au peuple touareg d'accéder à l'imprimé et à l'écran : l'Amanar (Condensé, Décor, Medium et Noir).
Lauréat du prix Charles Nypels à Maastricht en 1995 récompensant l’ensemble de sa production typographique, il mène ses recherches sur des médias et matériaux variés tels que le livre, l’affiche, l’écran ou encore l’architecture. En 2007 dans le cadre de la commande publique, il installe un moucharabieh typographique polyglotte, une double peau derrière la façade du musée Champollion à Figeac. En 2008 il participe au long métrage d'animation Peur(s) du noir, projet collectif sous la direction artistique d'Étienne Robial.
Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, nommé conjointement avec les typographes Anette Lenz et Jean François Porchez (2015).

Pierre Di Sciullo, L’or de la fougue http://www.quiresiste.com/encours.php?lang=fr
L’Or de la fougue est un livre fait main. Hormis la préface du metteur en scène Wajdi Mouawad, tous les textes y sont tracés comme des graffitis sur un mur. Des graffitis joueurs. L’allitération y côtoie l’approximation, « l’orthographe se dégrafe », les poèmes ne riment à rien. Pierre di Sciullo aligne les phrases à double sens, les lapsus, les « calembours rustiques faits à point », multiplie les niveaux de lecture. Les pensées élevées, les mots qui font rêver se heurtent au quotidien le plus trivial. On croit par exemple énumérer une liste d’arbres, on se retrouve face à un couple qui se dispute : « Mélèze-moi tranquille à la fin ! » Le travail de ce graphiste de 57 ans est sans équivalent. Il passe de la signalétique du tramway de Nice aux affiches du Théâtre de la Colline avec la même invention joyeuse. Amoureux des belles lettres, il se délecte des O majuscules bien ronds et des T bien raides. Les caractères typographiques de son cru s’appellent Durmou ou Quantange. Il ne met pas seulement en forme les messages des autres, il invente les siens. L’œil et l’oreille à l’affût, di Sciullo s’amuse de « nyctalope », se délecte de « pouilly-fumé », exulte quand il arrive à placer « Popocatepetl » ou à faire rimer « fromage » avec « new age ». Ses écrits donnent envie d’être lus à haute voix, à plusieurs, ou même chantés comme des canons absurdes et détraqués. 
www.quiresiste.com
https://www.stedelijk.nl/nl/collectie/90627-pierre-di-sciullo-the-*-of-view#content
 

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